Robots d'atelier
Arduino et ESP32

Arduino Nano : caractéristiques, limites et cartes voisines

Par Thomas Ferrand · 7 novembre 2026

L’Arduino Nano est une carte à microcontrôleur ATmega328P cadencé à 16 MHz, de 45 mm sur 18 mm et 7 g. Elle offre 14 entrées-sorties numériques dont 6 en PWM, 8 entrées analogiques, 32 Ko de mémoire flash, 2 Ko de SRAM et 1 Ko d’EEPROM. Elle se branche en mini-USB et accepte 5 à 20 V en entrée. Elle reprend les caractéristiques de l’Uno dans un format qui tient sur une plaque d’essai.

Sur une plaque d’essai, une carte Arduino Uno occupe presque toute la place. L’Arduino Nano contient la même idée dans un rectangle de la taille d’un gros timbre, avec des broches qui s’enfichent directement. C’est la carte que l’on glisse dans un robot, une horloge ou une boîte de capteurs.

Qu’est-ce que l’Arduino Nano ?

Wikipédia le présente comme une carte à microcontrôleur de la famille Arduino, lancée en 2008, qui reprend la connectique et les caractéristiques de l’Arduino Uno dans un format plus petit. Le site officiel Arduino la documente sous la référence A000005, avec ses plans de brochage, son schéma et ses fichiers de CAO en téléchargement.

Le terme « Nano » désigne aujourd’hui un format plus qu’une seule carte. La carte d’origine, à base d’ATmega328P, côtoie des cartes plus récentes qui gardent les dimensions mais changent de processeur, comme la Nano Every, la Nano 33 IoT ou la Nano ESP32, et la suite décrit d’abord la carte historique avant de la comparer à ses héritières.

Trois documents se téléchargent sur le site officiel d’Arduino : le plan de brochage au format PDF, le schéma électrique et les fichiers de CAO. Le plan de brochage reste ouvert pendant un câblage, parce qu’il indique la fonction de chaque broche, et le schéma aide à suivre le chemin de l’alimentation, de la puce USB au microcontrôleur, quand un montage se comporte de travers.

Les caractéristiques techniques en un tableau

Caractéristique Arduino Nano (ATmega328P)
Microcontrôleur ATmega328P, 16 MHz
Tension de fonctionnement 5 V
Tension d’entrée 5 à 20 V
Entrées-sorties numériques 14, dont 6 avec PWM
Entrées analogiques 8
Courant par broche 40 mA ; 50 mA sur la sortie 3,3 V
Mémoire flash 32 Ko, dont 2 Ko pour le chargeur d’amorçage
SRAM 2 Ko
EEPROM 1 Ko
Dimensions et masse 45 mm sur 18 mm, 7 g
Connecteur USB Mini-USB de type B
Interface USB-série FTDI FT232RL
Prise d’alimentation Aucune prise jack ; connecteur ICSP présent
Fiche de l’Arduino Nano, d’après l’article de Wikipédia et la page de documentation d’Arduino.

Ces chiffres sont ceux de la carte d’origine. Des cartes vendues sous le nom de Nano par d’autres fabricants peuvent embarquer une autre puce USB-série, ce qui change le pilote à installer sur un ordinateur, sans changer le brochage.

Carte Arduino Nano V3.0 vue de dessus : microcontrôleur, mini-USB en bas et rangées de broches de chaque côté
Carte Arduino Nano V3.0 vue de dessus. Photo : Nevit Dilmen, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
2 Ko de SRAM : la vraie limite

Le programme vit dans les 32 Ko de flash, mais les variables se partagent seulement 2 Ko de mémoire vive. Un tableau de mesures ou une chaîne de caractères longue sature vite cet espace, bien avant la flash, et c’est la première chose à surveiller dès qu’un croquis grossit.

Les entrées-sorties et leurs limites

La carte compte 14 broches numériques, dont six peuvent délivrer un signal PWM, et huit entrées analogiques, chaque broche numérique pouvant fournir ou absorber 40 mA d’après Wikipédia. Cela suffit pour une diode électroluminescente avec sa résistance, pas pour un moteur, un relais ou une bande de LED.

Pour ces charges, on place un transistor ou un module de puissance entre la broche et l’actionneur, avec une alimentation séparée. La masse doit rester commune entre l’alimentation externe et la carte. Sans elle, le signal de commande n’a pas de référence. Notre rubrique composants et capteurs traite ces montages composant par composant.

Limites de l'Arduino Nano : 40 mA par broche, 50 mA sur la sortie 3,3 V, 2 Ko de SRAM et 5 à 20 V en entrée
Les limites électriques de la carte d’origine, en quatre repères.

UART, I2C et SPI : parler à d’autres circuits

Le Nano dispose d’un port série matériel sur les broches numériques 0 (RX) et 1 (TX), au niveau logique TTL de 5 V, et il gère aussi l’I2C, avec la bibliothèque Wire, ainsi que le SPI. La bibliothèque SoftwareSerial permet d’ouvrir une liaison série sur n’importe quelle broche numérique.

Les broches 0 et 1 servent aussi à la liaison avec l’ordinateur par USB. Brancher un module sur ces deux broches pendant le téléversement peut donc faire échouer le transfert du programme. Débrancher le module le temps de l’envoi, ou le déplacer sur une liaison logicielle, règle presque toujours le problème.

Comment alimenter l’Arduino Nano ?

La carte se contente du câble USB pendant la mise au point. Pour un montage autonome, Wikipédia indique une plage de 5 à 20 V en entrée et la possibilité d’utiliser une pile de 9 V. La carte n’a pas de prise jack d’alimentation : on passe par la broche d’entrée prévue à cet effet.

Une tension d’entrée élevée est régulée vers les 5 V de fonctionnement, ce qui produit de la chaleur, d’autant plus que l’écart et la consommation sont grands. Rester dans la partie basse de la plage ménage la carte et la batterie.

Programmer le Nano et comprendre l’auto-reset

La carte se connecte par mini-USB. Sa puce FTDI FT232RL fait le pont entre le port USB de l’ordinateur et le port série du microcontrôleur. Un chargeur d’amorçage de 2 Ko, déjà installé en flash, reçoit le programme sans programmateur externe.

Wikipédia décrit le mécanisme d’auto-reset : la ligne DTR de la puce FTDI est reliée à la ligne de réinitialisation du microcontrôleur par un condensateur de 100 nF. Un logiciel sur l’ordinateur peut ainsi réinitialiser la carte avant un envoi. Sous Mac OS X et sous Linux, la carte se réinitialise à chaque ouverture de connexion. Le chargeur d’amorçage reste alors actif environ une demi-seconde.

En pratique, ce comportement explique deux surprises. Ouvrir le moniteur série relance le programme depuis le début, et un module qui envoie des données dès l’allumage peut perdre ses premiers octets. Un court délai au début du programme, ou une attente du premier message, absorbe cet effet.

Nano classique, Every, 33 IoT et ESP32 : quelle carte choisir ?

Le format Nano a donné naissance à plusieurs cartes. Les pages de documentation d’Arduino permettent de les comparer sur leurs points distinctifs.

Carte Processeur Ce qui la distingue
Nano (A000005) ATmega328P, 16 MHz Carte d’origine, mini-USB, 32 Ko de flash, 2 Ko de SRAM
Nano Every ATmega4809, 20 MHz 48 Ko de flash ; Wikipédia mentionne une RAM triplée et une sortie en 2019
Nano 33 IoT SAMD21, Arm Cortex-M0 32 bits Wi-Fi par module u-blox NINA-W102, Bluetooth Low Energy, centrale inertielle LSM6DS3, puce de chiffrement ECC608A
Nano ESP32 ESP32-S3 dans un module u-blox NORA-W106 16 Mo de flash, Wi-Fi et Bluetooth, connecteur USB-C
Quatre cartes au format Nano, d’après la documentation officielle d’Arduino et Wikipédia.

La carte historique reste la plus simple : elle fonctionne en 5 V, comme un grand nombre de capteurs et de modules vendus pour l’Uno. Les cartes plus récentes apportent la communication sans fil ou plus de puissance, au prix d’un autre processeur et d’un autre écosystème de bibliothèques. Notre rubrique Arduino et ESP32 suit cette évolution.

Quatre cartes au format Nano : Nano, Nano Every, Nano 33 IoT et Nano ESP32, avec leur processeur et leurs points forts
Les mêmes quatre cartes en résumé : processeur et points forts.

Quand le Nano suffit, et quand passer à autre chose

Le Nano suffit pour lire quelques capteurs, piloter des LED ou un petit servomoteur, afficher une valeur sur un écran et enregistrer des réglages en EEPROM, et il convient aussi à la commande d’un robot simple. Notre page sur la Coupe de France de robotique expose les règles, les thèmes et les robots de ce concours.

Il montre ses limites dès qu’il faut du Wi-Fi, un traitement d’image ou une grande quantité de données. Une carte Nano ESP32 ajoute la communication sans fil avec le même encombrement. Pour un serveur domestique ou un projet sous Linux, la bonne réponse est un Raspberry Pi : voyez notre page sur Raspberry Pi OS pour préparer la carte.

Projet Choix raisonnable
Lire un capteur et afficher la valeur Arduino Nano
Piloter un petit robot à capteurs Arduino Nano ou Nano Every
Envoyer des mesures par Wi-Fi Nano 33 IoT ou Nano ESP32
Héberger un service ou traiter des images Raspberry Pi
Repères de choix selon le projet ; ils s’appuient sur les caractéristiques ci-dessus, pas sur un test comparatif.

Les pièges de câblage les plus fréquents

Le premier piège est de tirer trop de courant d’une broche : au-delà de 40 mA, le microcontrôleur peut s’abîmer. Le deuxième est de relier un module à deux broches série tout en téléversant. Le troisième est d’oublier la masse commune quand une alimentation externe entre en jeu.

Un dernier piège vient des modules vendus pour des cartes à 3,3 V. Le Nano d’origine fonctionne en 5 V. Un signal de sortie à 5 V peut donc dépasser ce qu’un module 3,3 V supporte. Lisez la fiche du module et ajoutez un adaptateur de niveau si elle l’exige.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un Arduino Nano et un Arduino Uno ?

Wikipédia décrit le Nano comme reprenant la connectique et les caractéristiques de l’Uno dans un format plus petit : 45 mm sur 18 mm et 7 g. Il se branche en mini-USB et n’a pas de prise jack d’alimentation.

Combien de broches a l’Arduino Nano ?

Il propose 14 entrées-sorties numériques, dont 6 avec PWM, et 8 entrées analogiques. Chaque broche numérique supporte 40 mA.

Quelle tension accepte l’Arduino Nano ?

Il fonctionne en 5 V et accepte de 5 à 20 V en entrée, d’après Wikipédia. Il peut aussi être alimenté par une pile de 9 V.

Quelle puce USB utilise l’Arduino Nano ?

La carte d’origine utilise une puce FTDI FT232RL. Des cartes d’autres fabricants peuvent en embarquer une autre ; il faut alors le pilote correspondant.

Pourquoi le Nano redémarre-t-il quand j’ouvre le moniteur série ?

La ligne DTR de la puce FTDI est reliée au reset du microcontrôleur par un condensateur de 100 nF. Sous Linux et Mac OS X, chaque ouverture de connexion réinitialise la carte.

Le Nano Every est-il compatible avec le Nano d’origine ?

Il garde le format, mais change de processeur : un ATmega4809 à 20 MHz avec 48 Ko de flash. La compatibilité des bibliothèques et des programmes se vérifie carte par carte avant de migrer un projet.

Avant d’acheter ou de câbler, listez ce que votre montage doit lire, piloter et envoyer. Comptez les broches, additionnez les courants demandés et vérifiez que la tension de chaque module est compatible avec 5 V, et si la liste réclame du Wi-Fi ou beaucoup de mémoire, partez directement sur une carte plus récente du format Nano.

Sources

Wikipédia, Arduino Nano, complétée par les pages de documentation officielles d’Arduino consacrées à la Nano, à la Nano Every, à la Nano 33 IoT et à la Nano ESP32. Relevé le 7 novembre 2026.

Thomas Ferrand
Thomas Ferrand

Technicien en électronique, encadrant de club robotique — qui écrit ici.